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NutritionSanté naturelle

Quand le lobby du sucre truquait les études

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Durant des décennies, le lobby du sucre finançait des études pour rejeter la faute sur le gras à propos du développement des maladies cardiovasculaires

Les études auraient dû alerter sur le rôle néfaste d’un aliment très prisé. Mais finalement, celui-ci s’en sortait. Et pour cause : des scientifiques auraient été payés pour dire que le sucre était loin d’être responsable des maladies cardio-vasculaires.

Le magazine médical JAMA Internal Medicine révèle des rapports découverts par des chercheurs. En 1964, trois scientifiques de Harvard auraient reçu 6 500 dollars chacun – soit environ 45 000 euros actuels – pour changer leurs conclusions.

Rôle du sucre sous-évalué

Selon celles-ci, les principaux responsables des maladies cardio-vasculaires étaient la matière grasse, dédouanant aussi le sucre. À la fin des années 1950, le sucre avait pourtant été pointé du doigt.

Mais la Fondation pour la recherche sur le sucre (SRF) décide dans les années 1960 de commander une étude. Trois scientifiques sont choisis. Ils publient dans New England Journal of Medicine, prestigieux magazine, leurs enseignements : il faut réduire le cholestérol. Durant quelques années, le rôle du sucre sera donc sous-évalué, avant que d’autres études ne rétablissent la vérité. Pis, Mark Hegsted, l’un des trois scientifiques rémunérés par le lobby du sucre, va même être en charge de la nutrition au ministère de l’Agriculture américain.

Conséquence : une obésité de masse

« Notre étude est importante parce que le débat sur les méfaits du sucre et des graisses saturées continue aujourd’hui , soutient au New York Times Stanton Glantz, coauteur du rapport. Cette étude a étouffé le débat sur le sucre et les maladies vasculaires et, dans le même temps, les régimes à faible teneur en matières grasses ont gagné l’adhésion des autorités sanitaires. »

Et, selon lui, les conséquences de ce mensonge sont terribles :

« Cela a poussé beaucoup de gens à manger moins gras, mais plus sucré. Selon certains experts, ce changement de régime serait à l’origine de l’épidémie d’obésité que l’on connaît actuellement. » L’Association du sucre (ex-SRF) a réagi en attaquant l’un des auteurs de l’étude en l’accusant de vouloir s’aligner sur « la tendance actuelle anti-sucre », comme le rapporte le Huffington Post.

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