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Santé naturelle

L’influence du microbiote intestinal sur le psychisme

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La recherche scientifique démontre aujourd’hui l’implication des bactéries intestinales sur notre psychisme. Un quart des individus sur la planète a perdu la richesse de son microbiote intestinal, effet d’une mauvaise alimentation, des facteurs environnementaux, d’un excès d’hygiène, du mode d’accouchement… En le rééquilibrant, nous pouvons rééquilibrer aussi nos troubles mentaux. En se basant sur les toutes dernières recherches scientifiques, voici les solutions pour rééquilibrer notre microbiote intestinal ainsi que nos troubles mentaux.

Ici, j’aborderai le rééquilibrage par l’alimentation et les compléments alimentaires. J’évoquerai également d’autres méthodes complémentaires.

Le microbiote intestinal est principalement localisé dans l’intestin grêle et le côlon. L’ensemble des bactéries qui y vivent est au nombre de 10 000 milliards, dix fois plus que le nombre de cellules qui constituent notre corps. Génétiquement, nous sommes surtout microbiens : entre 500 et 1 000 espèces de bactéries différentes, totalisant environ 600 000 gènes différents. C’est trente fois plus que le nombre de gènes qui composent le génome propre à l’humain.

Il est unique à chaque individu. Il y a 160 espèces de bactéries en moyenne chez chaque individu sain avec une moitié que l’on retrouve d’un individu à l’autre. Trois groupes – ou entérotypes – principaux : les Ruminococcus, les Prevotella qui se retrouvent dans les microbiotes riches en sucre (fruits, légumes et autres sucres), et les Bactéroïdes qui se retrouvent dans les microbiotes appauvris (riches en protéines et en graisses) ; mais ces résultats restent très débattus à ce jour et des études de grande ampleur sont nécessaires dans ce domaine.

Les premiers moments de constitution du microbiote

Du dernier trimestre de la grossesse aux trois premières années de la vie va se former le microbiote de base. À la naissance, dès que les membranes fœtales se rompent, la colonisation bactérienne commence par des centaines de milliards de microbes dès la première journée de vie. Au contact de la flore vaginale (lactobacilles) et fécale de la mère (entérobactéries et bifidobactéries), ces bactéries se fixent à la paroi intestinale, empêchent les mauvaises bactéries de s’y ancrer : c’est la constitution du système immunitaire.

On constate un retard d’implantation du microbiote chez les enfants nés prématurément, sous un environnement aseptisé, après une antibiothérapie ou avec une mère stressée. Ils ont donc un microbiote appauvri. Nous verrons plus loin les conséquences sur le psychisme et la santé en général.

Le microbiote devient stable aux alentours de trois ans. La mère transmettant son microbiote à la naissance, cela renforcerait son rôle dans l’hérédité du caractère correspondant à 30 %. Le microbiote intestinal va ensuite évoluer et s’enrichir en fonction de l’environnement et du mode de vie de l’individu, mais il gardera toujours 30 % du microbiote hérité de sa mère.

Ses fonctions

Le microbiote intestinal est considéré maintenant comme un organe. Il a une fonction de digestion et absorption des nutriments, un rôle nutritif et métabolique, comme l’assimilation de certains aliments que seules les bactéries savent digérer, en particulier les fibres. Il convertit les aliments en nutriments et en énergie, et assure la synthèse de vitamines indispensables à l’organisme. Il constitue une barrière protectrice, une réponse immunitaire et contrôle l’inflammation, la détoxication et la régulation du sommeil.

Il a également une action sur le système endocrinien-hormonal, de même que sur le fonctionnement global du corps. Il intervient notamment lors des processus essentiels du neuro-développement ; son rôle est notamment suspecté dans la genèse de la maladie d’Alzheimer. Il est responsable de l’épaisseur de la muqueuse intestinale, la taille des villosités, la production de mucus, la vascularisation épithéliale et l’activité enzymatique de la muqueuse.

Ce constat a fait émerger de nouveaux domaines de recherche : la psycho-neuro-endocrino-immunologie (PNEI) – qui étudie les interrelations entre le cerveau, le système nerveux, le système endocrinien, le système immunitaire et le système digestif –, la psychomicrobiotique, champ de recherche qui s’intéresse au lien entre les perturbations du microbiote intestinal et les troubles psychologiques, la psychonutrition, et a donné naissance à une nouvelle discipline, la neuro-gastro-entérologie.

La base de notre défense : 75 % de notre système immunitaire se trouve dans notre intestin.

Il a un « effet barrière » en s’opposant à l’implantation des bactéries exogènes, et participe à la maturation de notre système immunitaire. Il module l’impact des toxines produites par les bactéries pathogènes et produit des bactériocines, toxines protéiques qui tuent et inhibent la croissance des souches bactériennes pathogènes. Il stimule la production des immunoglobulines A (IgA) sécrétoires et renforce les jonctions serrées entre les cellules épithéliales, empêchant la pénétration des bactéries dans la muqueuse. Les jonctions serrées, quant à elles, sont des complexes protéiques qui empêchent la diffusion paracellulaire de micro-organismes et d’antigènes à travers l’épithélium. Certaines stimulent plutôt les lymphocytes pro-inflammatoires alors que d’autres stimulent plutôt les lymphocytes T régulateurs anti-inflammatoires. L’équilibre entre les deux maintient l’homéostasie intestinale.

Soi et Non-Soi.
Avec le microbiote, on prend conscience qu’il y a des êtres vivants à l’intérieur de nous qui participent à notre Moi. En immunologie, on distingue ce qui est Soi et Non-Soi : ce qui est Soi va être protégé, ce qui est Non-Soi va être repoussé. Toutes les pathologies auto-immunes posent le problème de reconnaissance du Soi et du Non-Soi. Notre corps doit apprendre à reconnaître ces bactéries comme faisant partie du Soi.

Influence du microbiote intestinal sur le psychisme ou la psychomicrobiotique

Selon l’embryologie, les cellules nerveuses de l’intestin proviennent du même feuillet embryonnaire que celles du cerveau. À un moment donné du développement de l’embryon, entre dix et vingt jours, les cellules nerveuses se séparent en deux parties. L’une va constituer le cerveau principal, l’autre le Système Nerveux Entérique (SNE), dont l’étude du fonctionnement a aujourd’hui donné naissance à la neuro-gastro-entérologie.

Nous sommes dotés de deux cerveaux, ils communiquent constamment par le biais du nerf vague.

Le nerf vague est le plus long nerf de l’organisme, il est la voie de communication la plus rapide, comme une ligne de téléphone. On étudie en ce moment comment les bactéries stimulent notre nerf vague. La stimulation du nerf vague est déjà un traitement contre la dépression.

L‘axe intestin-cerveau est bidirectionnel, mais la communication ascendante est infiniment plus riche. 80 % des informations du nerf vague vont de l’intestin vers le cerveau, donc 20 % dans le sens inverse.

L’intestin dénombre 200 à 600 millions de neurones ou neurotransmetteurs. Ces messagers chimiques, cellulaires, moléculaires sont semblables à ceux du cerveau. De plus, il y a des milliards de bactéries qui communiquent. C’est un écosystème qui influence tout notre être.

Les bactéries intestinales saines produisent des substances cérébrales indispensables.

  • BDNF : molécule qui a le pouvoir de régénérer le cerveau. Des taux réduits de BDNF sont observés dans une multitude de troubles neurologiques (dépression, schizophrénie, troubles obsessionnels compulsifs…). Les taux peuvent être augmentés par la consommation d’oméga-3 (DHA/EPA) et des exercices qui requièrent de l’oxygène.
  • GABA (acide gamma-aminobutyrique) : principal messager chimique du cerveau, il place le système nerveux dans un état stable (gère stress, anxiété).
    Glutamate, acide aminé et neurotransmetteur le plus actif du cerveau (cognition, mémoire).
    Une carence de ces trois substances entraîne par exemple de la dépression, de l’anxiété, Alzheimer. Le microbiote produit également les vitamines du groupe B, influençant l’équilibre nerveux.

Les bactéries contrôlent les hormones du stress.
Certaines bactéries intestinales interagissent avec le système immunitaire pour conduire à la libération de molécules inflammatoires et d’hormones du stress : les « cytokines inflammatoires ».

Elles activent le système de réponse au stress et elles peuvent modifier notre perception de la douleur, en étant plus sensibles à celle-ci. Elles contribuent au contrôle du cortisol et de l’adrénaline – les 2 hormones associées au stress qui sèment le chaos dans l’organisme lorsqu’elles sont produites en permanence. Les 85 % de la sérotonine – molécule du bonheur – de notre corps sont produits par les cellules nerveuses de notre cerveau intestinal, ce qui est plus que la part produite par le cerveau de notre tête (les antidépresseurs sont moins efficaces que les changements alimentaires).

L’altération du microbiote

L’altération de la qualité du microbiote s’appelle une dysbiose. Cela signifie une réduction de sa biodiversité, un déséquilibre chronique. Or, une chute de 30 à 40 % de la diversité de nos bactéries intestinales peut provoquer une apparition de maladies chroniques. Celle-ci augmente la perméabilité intestinale, c’est-à-dire que les jonctions serrées jouant le rôle de gardiennes ne contrôlent plus ce qui doit passer à l’intérieur (nutriments) et ce qui doit rester à l’extérieur (menaces potentielles). Ce sont elles qui, en effet, déterminent la valeur seuil de l’inflammation de l’organisme à tout moment.

Si des molécules inhabituelles passent à travers, des protéines alimentaires incomplètement dégradées vont directement dans le système lymphatique et sanguin. C’est la dysimmunité, le système immunitaire est dépassé :

  • soit la personne surréagit à tout : allergies,
  • soit elle ne réagit plus : infections répétées,
  • soit c’est l’auto-immunité : les défenses épuisées deviennent imprécises et confondent l’intrus avec des composants de l’organisme.
  • Les grandes pathologies commencent par ce déséquilibre du microbiote.

Le syndrome de l’intestin irritable ou l’hyperperméabilité intestinale.

Sensation gênante de pression dans l’abdomen ou de borborygmes et une tendance aux diarrhées et à la constipation. Il peut être dû à des micro-inflammations, une mauvaise flore intestinale ou des intolérances alimentaires.

On constate également une tendance à l’anxiété et la dépression. La perméabilité intestinale entraîne une perméabilité de la barrière hémato-encéphalique selon les dernières recherches.
Mais pourtant aucun dommage n’est visible à l’examen de l’intestin par imagerie médicale d’où le scepticisme de beaucoup de médecins (sauf pour la maladie de Crohn).

L’intolérance alimentaire est une réaction retardée, à la différence de l’allergie. Il y a une production d’IgG. Il y a la possibilité de faire un test sanguin dans certains laboratoires.

État de la recherche scientifique sur les liens entre le microbiote intestinal et le psychisme.

Quand on a une irritabilité de l’intestin, il y a un dysfonctionnement de la communication entre l’intestin et le cerveau et cela peut être pesant psychologiquement. Les effets sont visibles sur un scanner cérébral. Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est associé à une pathologie psychiatrique dans 60 à 85 % des cas. L’inversion du microbiote de 2 souris, une timide et une exploratrice, a entraîné l’inversion des caractères de chacune.

Le stress, l’anxiété, l’autisme, la dépression et la schizophrénie modifient la physiologie du côlon et impactent la composition de la flore intestinale.

La colonisation du tube digestif est capitale pour le développement cérébral. Le Pr Dinan a également montré que sans bactéries digestives suffisantes, le cerveau et l’intestin ne produisent pas assez de sérotonine, aussi dénommée « hormone du bonheur ».

La dépression, l’anxiété et les troubles paniques sont plus fréquents chez les personnes présentant des troubles inflammatoires, auto-immuns et un intestin irritable.

L’apport en souches spécifiques de probiotiques.

Les perspectives thérapeutiques sont nombreuses. Des études scientifiques ont montré que l’administration de certains probiotiques permettait d’améliorer des symptômes psychiques :

  • réduction du stress, baisse du taux de cortisol avec Bifidobacterium infantis. Il calme l’AHHS (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien), conçu pour répondre à un stress aigu,
  • antidépresseur : Bifidobacterium infantis régule le tryptophane, précurseur de la sérotonine, calme l’AHHS, conçu pour répondre à un stress aigu,
  • amélioration de l’anxiété,
  • réduction de l’état de détresse,
  • modification de l’expression des récepteurs du GABA dans le cerveau,
  • amélioration des fonctions cognitives.

La souche la plus utilisée à l’heure actuelle contre la dépression est Lactobacillus casei.

Des études en cours prouvent l’influence des bactéries du microbiote intestinal :

  • Sur l’autisme : lié à la constitution de base du microbiote avant 3 ans, la bactérie Clostridium est trouvée en excès, et on constate une perméabilité intestinale,
  • Sur la schizophrénie : liée à la toxoplasmose, à un trauma immunologique et la constitution de base du microbiote avant 3 ans. Marion Leboyer (CHU Henri Mondor à Créteil) parle de « psychose auto-immune » en évoquant ses recherches sur les dysfonctions immunitaires dans les troubles psychiatriques.

Des stress sévères subis durant l’enfance ou des infections très précoces atteignent les gènes de l’immunité. Ce qui provoque des stigmates inflammatoires persistants et un effet au niveau du cerveau. Cette inflammation chronique entraîne une perméabilité intestinale, des antigènes dans la circulation sanguine et une réaction auto-immune. Les anticorps ciblent dans le cerveau le glutamate. La transmission glutamatergique est altérée chez ces patients qui vont pour certains développer une schizophrénie ou des troubles bipolaires.

La paroi intestinale et la membrane hémato-encéphalique qui enveloppe notre cerveau sont deux barrières dont la perméabilité peut s’altérer et générer un terrain pathologique :

  • trouble déficitaire de l’attention : lien avec l’exposition aux antibiotiques, à l’intolérance au gluten, au taux de GABA trop bas,
  • anorexie, boulimie, troubles du comportement alimentaire (TCA) : lié à une protéine (CIpB) fabriquée par certaines bactéries (telle qu’Escherichia coli) qui est mise en cause.

Dernièrement, des études ont suggéré que le microbiote pouvait avoir un rôle déterminant dans les maladies neurodégénératives : il serait impliqué dans l’inflammation cérébrale de la maladie d’Alzheimer. La gravité des symptômes parkinsoniens est aussi corrélée à la concentration d’une espèce particulière (Enterobacteriacea).

Le rééquilibrage du microbiote comme outil complémentaire dans le processus psychothérapeutique

Nos goûts, nos dégoûts, nos addictions sont influencés par notre microbiote qui nous pousse à manger ce qui favorise sa propre croissance. En changeant notre alimentation, nous pouvons en deux semaines changer notre microbiote. Quand notre microbiote est modifié, les aliments qui nous attiraient auparavant nous laissent indifférents.

Une bonne alimentation.

Un régime d’aliments anti-inflammatoires, antioxydants, bio, riches en fibres, associant prébiotiques, probiotiques, aliments fermentés, privilégiant les graisses saines, aliments à faible teneur en glucides, sans gluten, sans sucre et graisses saturées, se révèle optimal pour notre flore intestinale.

Mastiquer et manger dans le calme

Il est important de bien mastiquer car la mastication est la première étape de la digestion. Les mâchoires vont broyer les aliments en les imprégnant de salive qui contient de nombreuses enzymes, ce qui lance le travail de dégradation. Si les aliments n’ont pas été assez dégradés par la mastication, l’intestin devra faire appel aux bactéries pour finir le travail. Si des protéines n’arrivent pas correctement découpées, c’est la voie vers une réponse immunitaire inappropriée, conduisant aux allergies et aux intolérances alimentaires.

Les oméga-3 sont de puissants anti-inflammatoires.

Choisir des aliments riches en probiotiques : les aliments fermentés

Un probiotique est défini comme un micro-organisme vivant, c’est une « bonne bactérie ». Ces souches bactériennes maintiennent l’intégrité du revêtement intestinal, équilibrent le pH de l’organisme, jouent le rôle d’antibiotique, d’antiviral et antifongique naturel, régulent l’immunité et contrôlent l’inflammation.

Les prébiotiques

Ce sont « les aliments des probiotiques ».

Deux prébiotiques courants sont l’inuline et les fructo-oligosaccharides (FOS). Le chasseur-cueilleur consommait chaque jour près de 135 g d’inuline, fibre soluble. Voici une liste des meilleurs prébiotiques naturels, où l’on retrouve inuline et FOS, à consommer de préférence crus ou à la vapeur :

  • les liliacées : poireau, asperge, ail, oignon,
  • les astéracées : endive, salsifis, topinambour, artichaut,
  • la gomme d’acacia ou gomme arabique, la racine de chicorée, les feuilles de pissenlit, les pommes, les graines de lin, la racine de konjac, de yacon, de bardane, les algues, la salade verte, les échalotes, l’amidon résistant qui se forme quand on laisse refroidir des pommes de terre et du riz après cuisson.

Le changement doit être progressif pour que les bactéries ne soient pas débordées. Un prébiotique, le galacto-oligosaccharide (GOS), diminue le taux de cortisol et le niveau d’anxiété. Les résultats étaient aussi bons que ceux obtenus avec un psychotrope classique.

Supprimer les 3 aliments les plus inflammatoires.

Le gluten

Le blé a muté. Le blé moderne compte 44 chromosomes contre 12 pour l’ancien blé, raison de cette intolérance au gluten de blé qui ne fait que s’accroître. Il a été prouvé qu’il entraîne une hyperperméabilité intestinale. Selon le Dr Scot Lewes, les tissus cérébraux lésés pourraient demander jusqu’à cinq années après l’éviction avant de retrouver un fonctionnement normal. De plus, l’indice glycémique est très élevé et il est pauvre en nutriments donc acidifiant.

Le sucre

Il entraîne aussi une hyperperméabilité, une déminéralisation massive du corps et sa charge addictive est très importante. Ses indices glycémique et insulinique sont très élevés. Un taux de sucre élevé dans le sang déclenche une inflammation dans la circulation sanguine. Le goût sucré est un goût inné et plus on en consomme, plus on en veut. Il entraîne la libération d’endorphines. Le sucre absorbé va directement au cerveau. Il entraîne alors des changements d’humeur qui pourraient se comparer à des troubles bipolaires, avec une phase de surcroît d’énergie après la prise de sucre, puis un effondrement au moment de la sécrétion d’insuline.

Il provoque la libération de l’hormone du stress, l’adrénaline, qui demande au cerveau de remanger du sucre. N’oublions pas que les cueilleurs-chasseurs, ou encore récemment les aborigènes, mangeaient l’équivalent de deux ou trois carrés de sucre par an. Ils n’avaient aucune maladie psychique ou autre maladie métabolique.

Cas particulier du fructose

Le fructose est le plus sucré de tous les glucides (sucre issu des fruits). Une alimentation trop riche en fructose pourrait nuire à notre bonne humeur : à partir de 50 g de fructose par jour, les transporteurs sont saturés chez plus de la moitié des gens. L’acide aminé tryptophane qui influence notre humeur, par exemple, aime se lier au fructose pendant la digestion. Mais si la quantité de fructose que nous avons dans le ventre est trop importante, nous nous en débarrassons et perdons du même coup le tryptophane. Il est important de manger des fruits entiers contenant des fibres qui diminuent l’absorption du fructose, que l’on va mâcher, ce qui va nous rassasier et provoquer une vraie digestion plus lente du sucre. Un verre de jus de fruits est aussi mauvais qu’un soda pour le corps. Par exemple, sachant qu’une pomme équivaut à quatre morceaux de sucre, un verre de jus de pommes contient quatre pommes : c’est donc l’équivalent de 16 cuillères à café de sucre.

Rappelons qu’à l’origine, nous mangions des fruits de saison, le foie les transformait en graisse pour faire des réserves pour l’hiver. Maintenant, nous en mangeons toute l’année, la charge est énorme pour le foie qui transforme ce sucre et le stocke. Nous avons alors trop de réserves de sucre, puisque nous en mangeons en permanence. D’où le dérèglement que nous avons vu et le phénomène du foie gras.

L’index glycémique (IG) et la charge glycémique : tous les aliments hyperglycémiques sont inflammatoires, faisant monter le taux de sucre dans le sang et activant l’insuline. Ces aliments entraînent un besoin permanent de s’alimenter, dû à des crises d’hypoglycémies, de la fatigue, des troubles du sommeil, de l’anxiété, un surpoids, et mènent au diabète. Les sucres complexes sont à privilégier, c’est-à-dire les féculents. On les prendra complets, car ils comportent alors beaucoup de fibres et un IG bas.

Les produits laitiers

Quand nous sommes adultes, la lactase – enzyme qui nous permet de digérer, dissociée du lactose – ne travaille plus qu’à 10 ou 15 % de sa capacité d’origine. L’intolérance au lactose est une insuffisance enzymatique ; la personne manque de lactase pour digérer correctement le lactose. L’intolérance aux protéines est une réaction immunitaire. Excessivement dénaturées – comme pour le blé – tout au long de leur production, les protéines de lait sont mal reconnues et mal dégradées dans le tube digestif.

Équilibrage par apport de compléments :

Les vitamines B1, B2, B5, B6, B8, B9, B12 et le magnésium.

Quand il y a du stress, le corps dilapide les vitamines B et le magnésium. Notamment, les vitamines B9 et B12, en prise prolongée de quelques mois à quelques années, peuvent réduire le risque de rechute dépressive.

La vitamine D3 est une hormone qui régule l’ensemble de notre système immuno-inflammatoire.

Il a été montré depuis quelques années par des méta analyses, qu’il y avait un lien entre la carence de cette vitamine et des troubles psychiques comme la dépression, l’anxiété et la schizophrénie. Une étude a été menée à Marseille par Guillaume Fond, psychiatre et chercheur, identifiant une carence sévère en vitamine D chez plus de 40 % des patients hospitalisés pour des troubles bipolaires ou pour une schizophrénie.

Les enzymes digestives permettent de veiller à ce que les particules d’aliments et protéines soient parfaitement digérées. Elles diminuent avec l’âge et cela endommage encore la muqueuse. Elles sont anti-inflammatoires (bromélaïne, papaïne, rutine, amylase, lipases, trypsine).

Les coenzymes :

  • Le magnésium marin est vital pour la cellule, c’est un modulateur universel de tous les types de stress. Il est à associer avec de la taurine pour faciliter la recapture.
  • Le zinc est un cicatrisant, un anti-inflammatoire de la muqueuse intestinale. La quantité de zinc dans le corps est inversement proportionnelle au risque de dépression ; son rôle dans le déclenchement et le traitement des troubles psychosomatiques commence à être étudié.

La L-glutamine restaure l’intégrité de la muqueuse intestinale, et est précurseur de la synthèse de l’ARN et ADN. Elle fournit 30 % de l’énergie intestinale, précurseur du GABA. Le

L-tryptophane est précurseur de la sérotonine, dont on sait ses effets sur l’humeur. La quercétine est anti-inflammatoire et antiulcéreuse.

Le L-glutathion protège de l’inflammation intestinale et c’est un antioxydant majoritaire du cerveau, le protégeant des radicaux libres.

La N-acétyl-cystéine, acide aminé modifié, précurseur du glutathion, prescrite à fortes doses entre 1 et 2 grammes par jour, s’est avérée efficace dans beaucoup de troubles psychiatriques.

La racine de réglisse aide à équilibrer le niveau de cortisol.

La gemmothérapie :

Le bourgeon de figuier est efficace contre le stress, l’anxiété ; le romarin est efficace plus particulièrement pour le foie, l’intestin ; le noyer pour la perméabilité intestinale et le cassis est anti-inflammatoire.

Les probiotiques les plus couramment utilisés :

Lactobacillus plantarum, Lactobacillus acidophilus, Lactobacillus brevis, L. rhamnosus, Bifidobacterium lactis, Bifidobacterium longum, Bifidobacterium infantis, Bifidobacterium breve, Lactobacillus paracasei, Lactobacillus casei, Lactobacillus helveticus.

« La recherche scientifique démontre aujourd’hui l’implication des bactéries intestinales sur notre psychisme. Un quart des individus sur la planète a perdu la richesse de son microbiote intestinal, effet d’une mauvaise alimentation, des facteurs environnementaux, d’un excès d’hygiène, du mode d’accouchement…
En le rééquilibrant, nous pouvons rééquilibrer aussi nos troubles mentaux. En se basant sur les toutes dernières recherches scientifiques, l’autrice apporte les solutions pour rééquilibrer notre microbiote intestinal et pour soigner nos troubles mentaux. »

L’auteure, Delphine Bonnaud est Naturopathe-Iridologue, thérapeute psychocorporelle en psychologie biodynamique et conférencière. Elle reçoit en cabinet à Marseille et à Paris, et intervient également en entreprise.

Delphine BONNAUD

Naturopathe, Thérapeute psycho-corporelle, Auteure
Marseille (13) – 06 38 43 65 91
www.delphinebonnaud.com

 

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Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien de santé naturelle.

À SAVOIR

Les facteurs qui nuisent à l’équilibre de notre microbiote :

  • Une carence de base à la naissance (génétique, césarienne, stress de la mère),
  • Une mauvaise alimentation, le manque de nutriments capables de maintenir les différentes populations bactériennes en bonne santé, notamment une insuffisance en fibres végétales. Les régimes riches en sucres et pauvres en fibres entretiennent les bactéries non désirées et augmentent les risques de perméabilité intestinale, de dommages mitochondriaux, de perturbation du système immunitaire et d’inflammation en général qui affecte le cerveau.
  • L’exposition à des substances chimiques qui tuent les colonies bactériennes ou perturbent leur composition,
  • La perte de la biodiversité de la terre qui entraîne une perte de la diversité bactérienne de notre microbiote,
  • Le stress psychologique : provoquant de l’inflammation, il change alors l’environnement intestinal,
  • Une inflammation chronique : l’inflammation est une réaction naturelle de notre organisme à une agression physique (plaie), biologique (infection), psychique (psycho trauma). L’inflammation nous protège, notre organisme se défend en permanence.
    Les personnes plus isolées ou plus téméraires ont plus d’inflammation que les autres. Lorsqu’on a une inflammation aiguë, on développe des symptômes comme l’hypersomnie, la léthargie, l’anorexie, la dépression, l’anxiété, l’hyperalgésie, les troubles cognitifs et la perte d’intérêt. Quand celle-ci devient chronique, elle entraîne une perméabilité intestinale. Et c’est la création d’un terrain qui est la cause des maladies du siècle.

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