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Le docteur Kousmine : Traiter le cancer par l’alimentation

Le docteur Kousmine Traiter le cancer par l’alimentation

La théorie et les conseils du Dr Kousmine sont toujours d’actualité et n’ont rien perdu de leur pertinence : découvrez l’interview du Dr Kousmine publiée dans le numéro 5 des Cahiers de la Bio-énergie, la revue Santé Naturelle des Laboratoires COPMED (octobre 1996).

Qu’est-ce qui différencie le docteur Catherine Kousmine des autres médecins?

Catherine Kousmine : Au départ rien ! Comme les autres étudiants en médecine j’ai reçu l’enseignement médical de la faculté et je me suis spécialisée, à la fin du cycle universitaire en pédiatrie. Ce rôle de puéricultrice améliorée n’était pas fait pour moi. Après, quelques années de cabinet, j’ai eu le sentiment que je n’étais pas faite pour ce métier sans avoir pour autant l’envie de l’abandonner. Je me suis donc tournée vers la recherche.

Or avant la Seconde guerre mondiale, la maladie qui mobilisait déjà l’ensemble de la classe scientifique, était le cancer. Cette maladie n’a rien de commun, ni dans sa symptomatologie (la connaissance des symptômes qui la manifestent) ni dans sa thérapeutique avec les autres maladies. Très vite j’ai compris que le cancer ne devait pas être appréhendé comme les autres pathologies. Je me suis dit qu’il fallait peut-être chercher non pas à fabriquer des thérapeutiques toujours plus puissantes et souvent mutilantes contre les cancers, comme le font les cancérologues du monde entier, mais plutôt comprendre la signification du phénomène cancer.

Quelle signification biologique, physiologique, psychologique et énergétique pouvait bien avoir une maladie capable de fabriquer des tumeurs aussi énormes (chez certaines souris, la tumeur peut atteindre la moitié du poids de l’animal) et que rien ne semblait pouvoir arrêter ? Quel message une telle maladie pouvait-elle porter ?

Si je vous comprends bien, vous voulez dire que cette prolifération cellulaire invasive a un sens ? Le cancer serait donc une réaction, un conflit du corps avec lui-même, un désaveu ?

Catherine Kousmine : En quelque sorte oui. Mais je ne l’ai pas compris tout de suite parce que les premières tumeurs que j’ai eues à étudier étaient expérimentales. En tant que chercheur, j’essayais de comprendre quels comportements pouvaient, chez l’animal (souris ou lapins), favoriser l’apparition de cancers. Le croirez-vous, ce sont les souris qui m’ont donné les réponses aux questions que je me posais alors.

L’Institut Curie de Paris m’avait autorisée à emporter en Suisse quelques souris sélectionnées qui recevaient une alimentation à base de comprimés nutritifs censés contenir tous les éléments indispensables à leur vie.

Ne disposant pas d’une infrastructure identique à celle de l’institut, j’ai construit mes propres cages et j’ai soumis mes souris à un régime alimentaire mixte ; un jour je les nourrissais avec du pain industriel (dévitalisé) et le lendemain avec des grains de blé biologique (sans engrais chimique et sans pesticides). En outre, une fois par semaine, je leur donnais des carottes, du trèfle rouge et de la levure de bière. Après plusieurs mois de ce traitement, le nombre de cancers spontanés a diminué, chez mes souris, de moitié par rapport à celui de l’Institut Curie. Dès le principe, je pressentais que l’environnement et surtout l’alimentation jouaient un rôle déterminant dans l’apparition ou la prévention des cancers.

L’expérience était concluante : car les souris nourries avec des aliments vivants étaient naturellement protégées contre l’apparition de cancers spontanés, hélas si fréquents chez les animaux de laboratoires, souris, lapins.

Pensiez-vous alors que la communauté scientifique, quand on connaît ses réticences envers les thérapies avant-gardistes, allait vous suivre dans vos conclusions et votre démarche ?

Catherine Kousmine : Sans doute mes confrères chercheurs tenaient-ils en suspicion cette nouvelle approche, sinon thérapeutique au moins préventive, des cancers. En fait, la méthode que j’étais en train de mettre au point jetait les bases de ce qu’on appela ensuite la médecine ortho-moléculaire et qui repose sur le dosage et l’utilisation des molécules et des principes actifs (oligo-éléments, vitamines, enzymes) que tout être bien portant porte en son corps.

En quantifiant et en modulant les concentrations de ces différents principes actifs, il était alors possible de déterminer ceux qui pouvaient freiner ou accélérer la croissance des cancers. Je dis bien cancers au pluriel car il existe plusieurs sortes de cancers.

Pensez-vous qu’il soit possible de transposer des causes et des effets propres à des animaux de laboratoire, qui sont stressés comme chacun sait, aux êtres humains?

Catherine Kousmine : Je ne voudrais pas que mon propos soit mal compris mais ne pensez-vous pas que les millions de gens que l’on a claquemurés dans les ghettos urbains périphériques des grandes villes, saturés, bruyants et pollués, n’apparaissent pas, en définitive, comme autant d’animaux de laboratoire stressés, à la merci du bon vouloir de l’expérimentateur-promoteur qui n’aura peut-être pas pensé à créer de vastes espaces verts entre les immeubles, des boutiques traditionnelles, boulangeries et marchands de primeurs, sans parler bien sûr, de la taille exiguë des pièces et de la mauvaise insonorisation des bâtiments ?

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La fréquence des cancers est plus élevée en ville qu’à la campagne où la durée de vie est plus longue. La vie saine, au grand air, accompagnée d’une alimentation naturelle, est une garantie de longévité.

Et la pratique du docteur Kousmine dans tout ça ?

Catherine Kousmine : Après la Deuxième Guerre mondiale et surtout à partir de 1960, j’avais suffisamment de recul et de preuves accumulées pour mettre en pratique au quotidien les bien-faits des « traitements alimentaires ». Je repris donc du service et continuai mon métier de médecin.

L’un des tout premiers patients que j’eus à examiner était un malade auquel la médecine classique ne donnait pas deux ans à vivre et qui avait entendu parler de ma méthode. Il avait 64 ans et était atteint d’un sarcome généralisé. Il était fortement motivé et il suivit à la lettre le traitement que je lui prescrivis, du moins pendant les deux premières années.

En fait, ce traitement n’était pas très différent des traitements que je donnais quelques années plus tôt à mes souris. Il consistait en une réforme complète et définitive des comportements et des habitudes alimentaires : suppression des protéines animales (viandes rouges) et des aliments industriels raffinés (sucre, huiles végétales hydrogénées, pain sans levain, café, alcool et toutes viennoiseries artificielles gorgées d’antioxydants, stabilisants et conservateurs chimiques).

En revanche, je privilégiais les aliments naturels, les légumes et les fruits crus, le pain complet au levain, les huiles végétales obtenues par première pression à froid, tandis que les viandes blanches et les poissons étaient tolérés. Dans le même temps, je régulais avec des citrates le pH et le potentiel bio-ionique et je prescrivais des oligo-éléments et de la levurine vitaminée.

La résurrection de ce malade fut spectaculaire. Se croyant définitivement tiré d’affaire, il a commencé à faire des entorses au régime. Puis il a cessé de le suivre et a fait des rechutes. Neuf au total. A la fin, il avait compris qu’il n’avait pas le droit au moindre écart et se remit à suivre mon régime, de façon scrupuleuse. A l’heure où je vous parle il est encore en vie et il a 86ans.

Pensez-vous que votre « traitement alimentaire » peut être utile dans d’autres maladies ?

Catherine Kousmine : Se nourrir est un réflexe vital, véritable réflexe alpha, celui du nourrisson qui, dès les premiers instants de sa vie, cherche le sein de sa mère. Les hommes, pour survivre, sont obligés de manger plusieurs fois par jour. Comment imaginer que les erreurs alimentaires répétées au fil des années puissent être sans conséquences graves sur l’organisme ?

J’ai pu observer des évolutions favorables chez des patients atteints de maladies auto-immunes (myasthénie : dégénérescence chronique du système neuro-musculaire entraînant une paralysie) ou génétique (chondrodystrophie : atrophie chronique du tissu articulaire), et ceci par la seule réforme des habitudes alimentaires négatives. Je le répète souvent : il n’existe pas de domaine pathologique où l’alimentation ne joue un rôle essentiel. Nous sommes faits de ce que nous mangeons. Si l’on mange comme il faut, on se porte mieux que dans le cas contraire.

Quelles sont les erreurs alimentaires qui peuvent induire des maladies graves ?

Catherine Kousmine : On pourrait presque raisonner par l’absurde car, si dans les pays sous-développés du Tiers-monde la sous-nutrition entraîne des carences fatales pour les individus qui en souffrent, a contrario, la suralimentation des pays industrialisés induit à elle seule 60 % des maladies métaboliques et des décès qu’elles provoquent (diabète, hypercholestérolémie, artériosclérose, infarctus, congestion cérébrale, obésité, rhumatisme, etc.). A cela s’ajoutent les cancers métaboliques et hormono-dépendants (estomac, œsophage, foie, intestins) et le cancer du sein.

Les erreurs alimentaires du monde occidental industrialisé traduisent en fait la rupture de l’individu avec son environnement naturel. Les villes, telles que les urbanistes les ont conçues depuis un demi-siècle, sont des superstructures artificielles, véritables circuits pour engins roulants en tout genre, espaces de pollution galopante, terrains de toutes les allergies, gênes respiratoires et autres intoxications chroniques. Pris dans cette tourmente infernale, l’homme pressé stressé de la modernité n’a plus le temps ni la possibilité de vivre sainement. Son alimentation est désastreuse. Il vit à l’heure – on devrait dire à la minute – des fast-food et des schémas alimentaires de l’Europe américanisée.

Les aliments qu’il avale ont déjà été tués trois fois : par l’agriculture antibiologique, par le raffinage industriel et par les chaînes de conservation hypo ou hyperthermique. De tels aliments saturés de conservateurs et d’antioxydants, vidés de leurs diastases (enzymes), de leurs vitamines et de leurs oligo- éléments, ne sont plus capables de régénérer les énergies vitales de l’être humain.

Avez-vous des exemples précis d’aliments morts consommés régulièrement par nos contemporains ?

Catherine Kousmine : Je n’en ai que trop, hélas ! Prenez l’aliment de base le pain. Aujourd’hui, le pain industriel est préparé de trois à six mois à l’avance. La pâte ne contient plus de levain, donc plus de vitamine B. Elle est congelée jusqu’à son utilisation par les « Boulangeries» industrielles.

Plus grave encore, les huiles alimentaires végétales. Ces huiles sont à 99 % extraites par solvants chimiques à chaud. Mélangées à de la poudre de nickel, portées à 180°, lavées à la soude caustique, hydrogénées, les huiles alimentaires ne contiennent plus de vitamine F, c’est-à-dire d’acide linoléique cis-cis, remplacé par de l’acide linoléique cis-trans qui est un acide gras essentiel saturé et hypercholestérolémiant.

Mais cette liste n’est pas limitée à ces deux exemples. Les légumes et les viandes suivent un stage au « conservatum » où ils sont ionisés ou si vous préférez radio-activés au cobalt. L’intérêt industriel de cette méthode réside dans l’augmentation du temps de conservation des aliments. Un poulet peut ainsi se conserver quinze jours – prions pour lui. Les pommes de terre ne germent plus, le lait, les yoghourts et les fromages sont presque définitivement stériles – Hiroshima mon amour.

Ne pensez-vous pas que l’être humain puisse s’adapter à cette situation et, à moyen terme, y trouver son compte ?

Catherine Kousmine : Je serais tentée de dire : « Ce serait trop beau ! » Mais, hélas, non ! Toute dénaturation, toute pollution, toute dévitalisation est toxique et dangereuse pour l’individu. Les allergies respiratoires, oculaires, dermiques, digestives ont vu leur nombre augmenter ces trente dernières années. Les conséquences sont catastrophiques pour la santé humaine.

En outre les enfants auront plus à souffrir du milieu hostile que nous leur préparons que nous-mêmes qui avons eu la chance de thésauriser un capital santé à une époque où il était encore possible de boire de l’eau de source, voire de l’eau de pluie. En pratiquant la médecine générale comme je le fais aujourd’hui, je constate que toutes les pathologies dont nous venons de parler connaissent une très forte augmentation depuis la Deuxième Guerre mondiale, et qu’elles apparaissent de plus en plus tôt dans la vie.

On voit maintenant des familles de cancéreux. Je pense en particulier à une famille où, dans la première génération, un décès par cancer s’est produit à l’âge de 75 ans, dans la deuxième génération, le cancer est apparu à 50 ans et, dans la troisième, à 40 ans, chez une jeune mère qui venait de perdre son jeune garçon de 8 ans, mort d’un cancer de la prostate.

Pourquoi, docteur Kousmine, la médecine officielle ne souffle-t-elle mot de vos travaux et de vos publications ?

Catherine Kousmine : La médecine officielle est sous la tutelle des grands laboratoires et des lobbies pharmaceutiques. On ne demande donc pas aux médecins de faire de la médecine mais de prescrire des médicaments, ce qui n’est pas la même chose. En ce qui concerne la médecine nutritionnelle et nutraceutique, les médecins ne savent rien.

Le plus bel exemple est l’eczéma atopique du nourrisson que nous, médecins nutritionnistes, guérissons en un mois, par un simple réglage alimentaire, quand nos confrères, pédiatres et dermatologues, échouent après six mois de corticothérapie massive – un vrai désastre pour ne pas dire un empoisonnement du nourrisson !

Les grandes maladies dégénératives et invalidantes de notre civilisation, cancers, scléroses en plaques, polyarthrites rhumatoïdes, etc. touchent de plus en plus d’individus et la médecine n’arrive pas à enrayer cette progression. Lorsque tous les protocoles thérapeutiques classiques ont échoué, il faut avoir l’honnêteté et le courage de passer à une autre médecine.

Lorsque l’on parle de la méthode Kousmine, fait-on allusion à un « discours de la méthode médicale » en général ou à une véritable thérapeutique vue sous l’angle pratique ?

Catherine Kousmine : Mon ami, biologiste Pierre Marchesseau, a une expression qui résume bien le problème : « Quand il y a le feu, on appelle les pompiers !» Eh bien, considérez, cher Monsieur, que je suis un pompier de la santé. On m’appelle en urgence pour éteindre les foyers morbides des maladies modernes et dégénératives induites par la civilisation de l’artifice.

Dès lors tout malade se doit de respecter les règles suivantes :

  • assainissement de l’alimentation ;
  • suppression du déséquilibre acido-basique par les citrates ;
  • apport abondant de catalyseurs et de vitamines ;
  • rétablissement de la flore intestinale avec de la provitamine B (lactobacillus acidophilus et bifidobactérium bifidum levures) ; la flore intestinale participe à l’équilibre du système immunitaire ;
  • apport de vitamine F par les huiles obtenues par première pression à froid.

Attention, la législation européenne – c’est une aberration – autorise l’appellation première pression à froid pour des huiles qui ont été chauffées jusqu’à 80°. Une véritable huile de première pression à froid est obtenue au pressoir traditionnel et n’est pas enrichie en vitamine E de synthèse. La vitamine F intervient directement dans la régénération de la muqueuse intestinale qui se renouvelle toutes les 48 heures.

L’huile végétale la plus riche en vitamine F (acide gras essentiel des familles linoléique et gamma linoléique) est l’huile de bourrache extraite de la graine de bourrache (borago officinalis). Mais vous connaissez l’huile de bourrache, Monsieur Perraud, puisque c’est vous qui l’avez lancée en Europe, en 1984, date où nous avons fait connaissance.

En respectant ces règles fondamentales, on peut espérer rétablir le point d’équilibre de la santé, lorsque celui-ci est rompu. Mais mon message s’adresse aussi et surtout aux générations futures qui, plus que nous, auront à souffrir d’un environnement toujours plus hostile. J’invite notre jeunesse à retrouver l’instinct qui nous a permis autrefois de choisir les aliments les mieux adaptés à nos besoins.

 

Propos recueillis de Jean-Pierre Perraud. Il a rencontré le docteur Catherine Kousmine trois fois entre 1984 et 1987. Il rapporte ici l’essentiel des entretiens qu’il a eus avec cette femme hors du commun qui a su mettre en pratique – pour les autres comme pour elle-même – les conseils de santé qui permettent de « vivre mieux jusqu’à 80 ans » (ouvrage du Dr Kousmine).

 

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien de santé naturelle.


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