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Les différents types d’eau : quels avantages et quels inconvénients ?

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Quelle eau choisir ?

L’eau est partout. Apparue sur terre il y a 4 milliards d’années, elle fut le témoin des prémices de l’humanité. « L’eau n’est pas nécessaire à la vie, elle est la vie » disait à juste titre Antoine de Saint-Exupéry.

N’oublions pas que c’est dans un milieu liquide que l’homme démarre son existence. Une période aquatique de 9 mois est indispensable au développement du fœtus, lui-même composé à plus de 92 % d’eau. En termes de nombre de molécules, l’eau représente à elle seule, plus de 95 % des 60 000 milliards de cellules qui composent notre organisme !

D’après le biologiste et écrivain Richard Haas, « l’être humain est aisément assimilable à une colonne d’eau, à une sorte d’éponge qui doit toujours rester humide ». En effet, l’eau est l’élément constitutif de tous les liquides corporels (sang, lymphe, liquides intra et extra-cellulaires), que l’on regroupe aussi sous le terme d’humeurs, une notion chère à la naturopathie.

Dans ces conditions, les enjeux que représentent la qualité de l’eau que nous buvons et l’impact que cela peut avoir sur notre santé, occupent une place importante au sein des apports alimentaires quotidiens. Mais alors, quelle eau est-il préférable de consommer ? L’eau en bouteille est-elle meilleure que l’eau du robinet ? Comment reconnaître une eau de qualité ? Autant de questions auxquelles il ne semble pas si aisé de répondre.

Constituant essentiel des cellules, l’eau participe aux nombreuses réactions chimiques dont le corps humain est le siège. Elle contribue au maintien de la température constante du corps par la sudation, véhicule un certain nombre de substances indispensables aux cellules et permet l’élimination des déchets métaboliques par le biais des urines. Il faut savoir que le fonctionnement normal du corps induit une perte d’environ 2,5 litres d’eau par jour.

Pour préserver l’homéostasie, le corps a besoin de maintenir une quantité d’eau constante, ainsi qu’une stabilité de sa concentration en ions (sodium et potassium en particulier). Pour ce faire, un apport d’eau régulier est nécessaire. Deux sources sont mises à contribution : les aliments apportent environ 1 litre d’eau par jour, les boissons environ 1,5 litre par jour.

Le marché actuel

Il existe 3 types d’eau : l’eau minérale, l’eau de source et l’eau du robinet.

L’eau du robinet provient des nappes phréatiques et des eaux de surface (rivières, fleuves, barrages, lacs…). Impropre à la consommation, elle est rendue potable par le biais de traitements chimiques de désinfection.

L’eau de source et l’eau minérale sont exclusivement d’origine souterraine, naturellement propres à la consommation. À l’inverse de l’eau du robinet, elles bénéficient d’une barrière géologique due à la profondeur qui lui assure une filtration naturelle et elles s’en retrouvent beaucoup moins polluées.

Selon un sondage réalisé par TNS-Sofres, une grande majorité des Français déclare boire quotidiennement de l’eau du robinet (67 %), plutôt qu’une eau embouteillée (52 %)2. 76 % sont des buveurs mixtes et consomment les deux types d’eau. Il règne une importante confiance du consommateur vis-à-vis de la qualité de l’eau proposée par les services de distribution.

Depuis 2003, c’est plus de 80 % des Français qui réaffirment chaque année ce sentiment de sécurité. Pourtant, l’Europe occidentale reste la plus grosse consommatrice d’eau en bouteille dans le monde, représentant ainsi 46 % du marché mondial3.

L’aspect écologique

Les difficultés du tri sélectif et du recyclage du plastique touchent de plus en plus l’opinion publique. L’industrie de l’eau en bouteille emploie plus d’1,5 millions de tonnes de plastique par an (polyéthylène téréphtalate (PET), dérivé du pétrole brut) et seulement un cinquième de ces bouteilles seraient recyclé4.

On estime que si les choses ne changent pas, le nombre de déchets plastiques flottants dans les océans dépasserait celui du nombre de poissons d’ici 2050.

L’eau du robinet est bien moins pourvoyeuse de déchets plastiques que l’eau en bouteille et sa distribution par les canalisations ne consomme pas d’énergie. à l’inverse, une bouteille d’eau parcourt environ 300 kilomètres avant d’arriver dans le verre du consommateur, engendrant ainsi un coût écologique notable (émissions de CO2…).

Selon une étude de la Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux (SSIGE) publiée en 2015, l’eau en bouteille entraîne 450 fois plus de charges écologiques que l’eau potable du robinet5. De plus, la plupart des eaux en bouteille serait contaminée par de minuscules particules de plastiques (polypropylène, nylon, PET), issus directement de leur emballage6. Enfin, l’eau du robinet ne souffre pas des conditions de stockage, notamment lors de températures élevées, ni ne subit l’impact de la lumière contrairement à l’eau en bouteille (qui de surcroît a une date de péremption).

L’aspect sanitaire

L’eau de surface (dont est issue en partie l’eau du robinet) est d’autant moins potable aujourd’hui qu’elle est de plus en plus polluée par des substances rejetées par la société.

La présence de substances médicamenteuses dans l’environnement aquatique interroge depuis quelques années la communauté scientifique et les autorités publiques. Une campagne de mesure nationale menée par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) a montré que 25 % des eaux potables analysées (eaux en sortie de station de potabilisation) contenaient des traces de médicaments (anxiolytiques, antiépileptiques…)7.

Les sources de contaminations proviendraient de rejets directs du lieu de production (usines pharmaceutiques), de rejets humains hospitaliers ou domestiques ou encore de médicaments vétérinaires utilisés en élevages industriels (piscicultures et élevages porcins en particulier).

De nombreux résidus métaboliques de médicaments sont éliminés par les urines et se retrouvent ainsi déversés dans le cycle de l’eau. C’est le cas notamment des traitements hormonaux (contraceptifs, traitement substitutif postménopause) et de nombreux antibiotiques.

L’Académie Nationale de Pharmacie française (ANP) souligne également la présence de traces médicamenteuses dans les eaux superficielles, les eaux souterraines, les eaux résiduaires et dans les boues de stations d’épurations8.

De son côté, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET) alerte sur le danger potentiel pour la santé humaine des molécules très actives issues de traitements anticancéreux, présentes à des quantités non négligeables dans les effluents hospitaliers, mais également en aval de stations d’épuration qui recueillent ceux-ci9.

L’eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé en France, mais comme le souligne l’ANSES, il n’existe pas de normes de qualité pour les résidus de médicaments dans les eaux. D’ailleurs, les stations d’épurations ne sont originellement pas conçues pour retenir les médicaments ou les nanoparticules.

Certes, ces rejets trouvés dans l’environnement sont très souvent de l’ordre du nanogramme par litre, toutefois la récurrence d’exposition est très importante. Ingérer quotidiennement des substances antibiotiques ou hormonales, ne pourrait-il pas contribuer à des phénomènes d’antibiorésistance ou de perturbations endocriniennes sur le long terme ?

Les risques et les effets sur l’organisme humain et sur l’environnement sont encore méconnus, mais ils mériteraient certainement d’être étudiés avec beaucoup d’attention.

Les médicaments ne sont pas les seuls composés préoccupant les consommateurs d’eau du robinet. Les pesticides, les nitrates issus des engrais et de l’épandage, le chlore qui est un véritable biocide utilisé pour la désinfection de l’eau et les métaux lourds provenant de vieilles canalisations sont également pointés du doigt.

D’après une étude menée par l’organisme UFC-Que Choisir, près de 2,8 millions de consommateurs français reçoivent encore une eau non conforme aux limites de qualité10. Les contaminants les plus fréquemment rencontrés sont des pesticides, des nitrates, de l’arsenic et diverses bactéries. L’organisme s’insurge également de certaines mesures pratiquées, comme notamment la dilution d’eau polluée avec de l’eau potable et la multiplication du nombre de captage au détriment d’une protection plus efficace des zones de captage déjà existantes.

Pour savoir si votre eau du robinet est d’assez bonne qualité, il existe un système de carte interactive synthétisant les résultats de nombreux prélèvements issus de toute la France11, cependant la présence de traces médicamenteuses, de nanoparticules ou d’autres polluants liés aux canalisations post-prélèvements (métaux lourds, PVC…) n’y est pas mentionnée.

Eau minérale ou eau de source

L’eau minérale et l’eau de source sont toutes deux d’origine souterraine, à l’abri de la pollution humaine et embouteillées directement pour la grande distribution. Leur distinction provient de leur composition en minéraux et en oligo-éléments. Ainsi, toutes les eaux minérales sont des eaux de source mais toutes les eaux de source ne sont pas forcément minérales.

Il faut savoir que les eaux minérales ne répondent pas à la même réglementation que l’eau du robinet. Par exemple, la teneur en fluor autorisée est fixée à 1,5 mg par litre pour de l’eau potable du robinet, alors qu’une eau minérale peut en contenir jusqu’à 5 mg par litre. Leur concentration se doit de rester stable dans le temps.

À l’inverse, les eaux de sources ont la particularité d’être soumises aux mêmes normes spécifiques que celles de l’eau du robinet et leur composition minérale peut varier d’une bouteille à l’autre.

Contrairement à ceux contenus dans les fruits et les légumes, les minéraux de l’eau sont peu biodisponibles. En effet, l’homme est un organisme hétérotrophe, il est incapable d’assimiler les minéraux présents dans l’eau à l’état brut.

Pour profiter d’un apport minéral optimal, il se doit de consommer des aliments autotrophes (végétaux chlorophylliens) ayant déjà absorbé les minéraux bruts en question. C’est pour cela que les meilleurs apports en minéraux et en oligo-éléments pour l’homme ne se font pas par le biais de l’eau mais bien par la consommation de producteurs primaires autotrophes (fruits et légumes).

C’est en mangeant que l’on fait le plein de minéraux, et non en buvant de l’eau ! Les minéraux non utilisés dans les processus biologiques et se trouvant bloqués à l’entrée de la cellule par la barrière phospholipidique vont avoir tendance à se déposer dans les tissus ou à surcharger le travail d’élimination des émonctoires adéquats (foie et reins)12.

De plus, il est important de garder en mémoire que l’eau permet de nettoyer les humeurs, de drainer les toxines et qu’elle constitue la base du nettoyage quotidien de l’organisme. Si l’eau est déjà très chargée en minéraux avant même d’être absorbée par l’organisme, elle rencontrera des difficultés à se charger davantage et à jouer son rôle purifiant. L’eau est primordiale pour ce qu’elle emporte et non pas pour ce qu’elle apporte !

Ainsi, du point de vue naturopathique, il est conseillé de privilégier une eau minérale naturelle, très faiblement minéralisée (dont le taux de résidus secs est inférieur à 50 mg par litre, type Mont Roucous, Montcalm…). Concernant le pH de l’eau, il est préférable de choisir une eau légèrement acide (entre 6,5 et 7) afin de ne pas perturber le pH de l’estomac.

L’eau du robinet filtrée

De nombreux systèmes de filtration fleurissent sur le marché (carafe, microfiltration, osmoseur…). Tous les budgets y sont représentés et forcément, tous n’ont pas la même efficacité de filtration.

L’action des carafes filtrantes semble très controversée et comporte des risques de relargages de substances toxiques ou indésirables, notamment lors d’oublis de changement de cartouches13. Certaines associations vont jusqu’à dire que l’eau qui en sort serait bien plus nocive que l’eau du robinet (effet « nids à microbes »).

Les mécanismes directement installés sur les arrivées d’eau domestiques semblent être les plus prometteurs (mais également les plus onéreux). Ces filtres permettent de bénéficier des avantages de l’eau du robinet tout en éliminant les pollutions qui s’y trouvent (chlore oxydant, traces médicamenteuses, pesticides, métaux lourds…).

Il existe également certains mécanismes permettant de dynamiser l’eau dans le but de lui « redonner vie » (en référence aux travaux du célèbre Masaru Emoto). En effet, la stagnation, les canalisations rectilignes, le manque de contact à la lumière et au grand air seraient à l’origine d’une perte énergétique notable. La dynamisation de l’eau permettrait, grâce à un procédé dynamique recréant son mouvement naturel, de rétablir son potentiel vital.

En conclusion

Entre les multiples risques de pollution et les répercussions écologiques, la perfection n’existe pas. Chacun doit faire son choix en connaissance de cause et selon ses propres critères. Et n’oublions pas que la meilleure eau que l’organisme puisse trouver reste celle délivrée par les fruits et les légumes !

Références :
1. R. Haas. Comment purifier et revitaliser votre eau de table – guide pratique. Editions Chariots d’or Eds. Janvier 2015.
2. TNS-Sofres. Les Français et l’eau. Baromètre 22ème édition. Décembre 2018.
3. European Federation of Bottled Waters. Natural mineral & springs waters.
4. Fiche produit sur l’eau. Mes courses pour la planète, soutenu par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie.
5. SSIGE. Ecobilant de l’eau potable. Aqua & Gas n°1. 2015.
6. Orbmedia. Plus plastic : microplastics found in global bottled water. 14 mars 2018.
7. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Campagne nationale d’analyse des résidus de médicaments dans l’eau.
8. Rapport de l’Académie nationale de Pharmacie. Médicaments et environnement. Septembre 2008.
9. Afsset avec l’Institut nationale du cancer (INCa). Etude sur les rejets d’anticancéreux dans l’eau. 2007.
10. UFC-Que Choisir. Où peut-on boire de l’eau du robinet en France et comment préserver cette ressource ? Etude de la qualité de l’eau potable en France au regard des 50
critères définis par la réglementation. 26 janvier 2017.
11. UFC-Que Choisir. Carte interactive de la qualité de l’eau.
12. M. Henry. Université de Strasbourg. Association Vie et Bien-être. Conférence « quelle eau boire ? ». Décembre 2013.
13. Extrait d’un communiqué de presse de Mme Marland-Militello à propos de l’évaluation sanitaire des carafes filtrantes. Question 42021. Rubrique Eau. 2010.


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