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Interview Sophie Benarrosh – Maladie de Lyme et empoisonnement aux métaux lourds, non ce n’est pas dans ma tête !

Interview Sophie Benarrosh – Maladie de Lyme et empoisonnement aux métaux lourds, non ce n’est pas dans ma tête !

Interview extraite des Cahiers de la Bio-énergie n°69. Propos recueillis par Jade Perraud.

Sophie Benarrosh était directrice marketing au sein d’une multinationale. Désormais, elle lutte au quotidien contre les symptômes de sa maladie et elle souhaite alerter l’opinion sur ce qu’elle considère comme deux enjeux majeurs de santé publique : la maladie de Lyme et les ravages des métaux lourds. Auteur de Maladie de Lyme, empoisonnement aux métaux lourds, NON ce n’est pas dans ma tête… ni dans la vôtre ! Leduc.s Editions.

Jade Perraud : Bonjour Sophie Benarrosh. Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Sophie Benarrosh : Dans ma vie d’« avant », je suis très active, sportive, je voyage beaucoup. Mon diplôme de commerce international en poche, j’accède rapidement à des fonctions à responsabilité au sein de grands groupes français et américain. Je suis jeune mariée et directrice marketing au sein d’une multinationale depuis 8 ans quand, presque du jour au lendemain, ma vie est bouleversée par d’incompréhensibles symptômes. C’était il y a déjà 18 ans.

Aujourd’hui, j’avance sur une voie que j’espère être une voie de guérison, après avoir franchi tant d’obstacles et exploré tant de pistes pour essayer de m’en sortir. C’est ce que je raconte aujourd’hui à travers mon livre préfacé par le Professeur Christian Perronne1.

Pour faire savoir, diffuser des informations qui sont tues en France, dénoncer et partager mon expérience au profit de tous.

Jade Perraud : De quels symptômes souffrez-vous ?

Sophie Benarrosh : Au tout début de ma grossesse une banale sinusite s’invite et… s’incruste. Je fais face à l’enchaînement incroyable d’une cinquantaine de symptômes.

Pour vous donner un aperçu : état grippal permanent, douleurs musculaires et articulaires violentes à hurler, maux tête, l’impression d’avoir en permanence la tête dans le brouillard, sommeil non réparateur, épuisement persistant au point que tout effort physique ou intellectuel devient quasi impossible, nausées, vertiges, problèmes de concentration, de mémoire… Je suis dans un tel état qu’il m’est impossible de retourner travailler.

Je suis une poupée de chiffons posée sur mon lit, j’essaie juste de survivre et de m’occuper de mon jeune fils.

Tous ces symptômes sont invisibles et très intenses. Ils deviennent rapidement invalidants.

Jade Perraud : Avez-vous été rapidement diagnostiquée ?

Sophie Benarrosh : Non, pas du tout. Avant d’avoir le moindre diagnostic, je vis pendant 4 ans le cauchemar de l’errance médicale alors que ma souffrance physique s’aggrave.

J’enchaîne plusieurs dizaines de rendez-vous de médecins, d’examens. Je passe chaque fois de l’espoir d’un diagnostic, d’un traitement, d’une délivrance… à la déception. Je cumule les non-diagnostics, les diagnostics contradictoires, les absences de réponses, les examens non appropriés prescrits par des médecins qui ne veulent pas avouer leur méconnaissance de ma pathologie.

Mes symptômes ne correspondent pas à leur savoir. Alors, à la déception s’ajoutent la colère, la révolte : quand les examens sont normaux ou presque, je passe de victime à coupable, c’est « dans ma tête », et je repars avec des prescriptions d’antidépresseurs. Et je suis confrontée à l’incompréhension de tous : corps médical, entourage…

Quand, au bout de 4 ans, le premier diagnostic tombe (Encéphalomyélite Myalgique ou Syndrome de Fatigue Chronique, EM/SFC), concrètement, cela ne change rien à mon quotidien et mon insoutenable errance médicale continue. Cette maladie neurologique grave est orpheline et incurable.

Jade Perraud : Vous souffrez aussi de la maladie de Lyme ?    tiques maladie de lyme et metaux lourds

Sophie Benarrosh : Oui, entre autres ! Plusieurs mois plus tard, le Pr Christian Perronne − un des spécialistes de la maladie de Lyme en France et au niveau mondial − me diagnostique la maladie de Lyme, maladie infectieuse. J’ai eu la chance qu’il sache que le test n’est pas fiable et qu’il tienne compte de l’expression de mes symptômes cliniques. Je suis atteinte de la version chronique de la maladie avec atteintes neurologiques.

Jade Perraud : Quels tests peut-on faire pour diagnostiquer Lyme ?

Sophie Benarrosh : Une fois que le médecin émet l’hypothèse de la maladie de Lyme, il doit respecter un protocole et prescrire en première intention le test Elisa qui consiste à rechercher des anticorps à partir d’un prélèvement sanguin. C’est seulement si le résultat est positif qu’il peut ensuite prescrire le second test appelé Western Blot.

Ce protocole de diagnostic obsolète néglige l’approche clinique et il est fondé uniquement sur le résultat d’une sérologie indirecte et non fiable.

Dans mon livre, je détaille les raisons de ce test non fiable. Vous comprendrez pourquoi un médecin a tous les risques de passer à côté de ce diagnostic de la maladie de Lyme, considérée à tort comme une maladie rare.

Toutes les difficultés de diagnostic mènent à une sous-estimation dramatique de la prévalence de cette maladie qui a et aura des conséquences lourdes, dont on ignore les très graves répercussions à venir.

Jade Perraud : Pourquoi la maladie de Lyme résiste-t-elle chez vous ?

Sophie Benarrosh : Les traitements n’ont pas donné les résultats escomptés. Mon organisme s’est mis à réagir violemment à toute tentative de traitement (allopathique ou naturel). C’était incompréhensible pour les rares médecins qui ne m’avaient pas abandonnée. Refusant de ne pouvoir me soigner, j’ai commencé à chercher des explications, seule.

La littérature scientifique, principalement internationale, m’a permis d’identifier une substance qui peut bloquer tout traitement et détruire l’organisme : les métaux. En fait, je me suis engagée peu à peu dans une véritable enquête, enchaînant les découvertes telles que le lien entre les métaux lourds et Lyme.

Jade Perraud : De quels métaux lourds parlez-vous ?

Sophie Benarrosh : Entre autres, le mercure. C’est un puissant toxique pour le cerveau comme pour tous les organes. Il impacte tous les systèmes dont le système nerveux, le système immunitaire. Il peut empêcher, par exemple, le système immunitaire de réagir face à la bactérie Borrelia, responsable de la maladie de Lyme, et face à ses “co-infections”. Le mercure peut aussi aggraver la sensibilité aux champs électromagnétiques, ce qui est mon cas puisque je suis aussi ElectroHyperSensible. C’est un véritable calvaire puisque nous vivons dans un bain d’ondes.

Jade Perraud : Comment avez-vous pu être en contact avec du mercure ?

amalgammes dentaires et maladie de lyme

Sophie Benarrosh : Mes deux sources principales d’exposition au mercure ont été les vaccins (avant le retrait du mercure dans les années 2000) et les amalgames dentaires (toujours pas interdits en France). Bien sûr, nous ne sommes pas tous égaux face à ce poison. Seul un faible pourcentage de la population subit ces graves complications, lorsqu’il existe un problème d’évacuation naturelle des toxines.

Jade Perraud : Quels tests peut-on faire pour diagnostiquer une intoxication aux métaux lourds?

Sophie Benarrosh : Comme pour la maladie de Lyme, sans formation adéquate, rares sont les médecins qui peuvent envisager un tel diagnostic. Et quand bien même ils l’envisageraient, ils sont encore plus rares à savoir que le test pratiqué en France (une prise de sang) n’est pas fiable dans le cas d’un empoisonnement chronique.

J’explique pourquoi dans mon livre. Et j’explique quelle est la solution alternative fiable : le test dit de provocation (ou de mobilisation), qui utilise un chélateur. Il est proposé exclusivement à l’étranger. Au-delà de ce que j’ai pu découvrir au cours de mes recherches, j’ai personnellement expérimenté tout cela et je poursuis actuellement ma désintoxication.

Sur ce sujet aussi, les failles se cumulent : absence de formation des médecins, d’information du public, de test, de traitement, de reconnaissance de l’empoisonnement chronique.

Jade Perraud : Dans votre livre, vous insistez sur le lien entre l’intoxication aux métaux lourds et la maladie de Lyme mais aussi avec l’EM/SFC ?

Sophie Benarrosh : En ce qui me concerne, j’ai observé une superposition des symptômes de l’EM/SFC, de la maladie de Lyme et de l’empoisonnement par les métaux. Longtemps, ce constat m’a perturbée car cela ne correspond pas du tout au schéma classique de la médecine conventionnelle : un symptôme = une maladie = un traitement. Les causes de mes symptômes sont multifactorielles, notamment environnementales et infectieuses. Elles perturbent gravement mon terrain.

A force de chercher des explications, j’ai même découvert les observations de plusieurs médecins étrangers. Ils expliquent que la maladie de Lyme et les métaux sont impliqués dans de nombreux cas d’EM/SFC mais aussi dans de nombreuses autres maladies chroniques comme Alzheimer, Parkinson, fibromyalgie, polyarthrite, sclérose en plaque, autisme, certains cancers.

Ces mêmes médecins observent qu’une fois traités, désintoxiqués, les malades guérissent. Au pire, ils vont mieux !

Jade Perraud : Quels conseils pouvez-vous donner à nos lecteurs pour « gagner » du temps dans le diagnostic de la maladie de Lyme ?

Sophie Benarrosh : La situation actuelle est complexe, dramatique et particulièrement urgente. C’est pour cette raison qu’un début de mobilisation se met en place. Par exemple, le Pr Christian Perronne a lancé l’« Appel des 100 » médecins en juillet 2016. En réponse, fin septembre 2016, la ministre de la santé a annoncé un Plan national d’action2. Mais quand espérer une mise en application de ce plan et un réel changement sur le terrain ?

En attendant, pour gagner du temps dans le diagnostic, il faut connaître cette maladie infectieuse. Il me semble capital que les praticiens soient informés et formés sur la version chronique de la maladie de Lyme et sur les ravages des métaux lourds. Qu’ils se documentent et partagent leurs informations. Je vois les choses bouger un peu avec des médecins qui prennent le temps d’organiser des formations pour leurs confrères3, des médecins généralistes et spécialistes qui me sollicitent de plus en plus souvent depuis que je suis intervenue au Congrès international de santé naturelle4, à l’automne dernier. Je veux dire aussi que la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT)5 diffuse de nombreuses informations sur son site internet.
D’autres médecins partagent leurs connaissances et publient des livres tels le Pr Perronne6, le Dr Horowitz7.

Quant à la prévention, elle est l’élément clé et peut diminuer les besoins de diagnostic. Sans tomber dans la psychose, il me semble important d’informer les gens. Les initier aux quelques mesures de prévention basiques. Je les ai recensées dans mon livre, les principales font l’objet d’une affiche (voir ci-contre) que j’ai co-réalisée à votre attention avec les laboratoires Copmed pour informer vos patients en salle d’attente.

Pour les malades, les associations de malades telles que France Lyme, Lyme sans frontières, Lympact et Relais de Lyme sont précieuses pour identifier dans chaque région les médecins formés.

Jade Perraud : Votre expérience ressemble à un vrai parcours du combattant, comment arrivez-vous à vous reconstruire ?

Sophie Benarrosh : Après une longue période où je n’étais qu’en survie, il me fallait absolument vivre autrement. J’ai commencé à me prendre en mains. Petit à petit, j’ai compris que la base de tout était que l’organisme soit le plus sain possible, que cela pourrait empêcher la Borrelia et tout autre agent infectieux de s’exprimer.

C’est l’approche que j’ai choisie : assainir au mieux mon organisme, le dépolluer, assainir mon environnement aussi. Après avoir pris connaissance de la longue liste de mes intolérances alimentaires, j’ai complètement changé mon alimentation. Et depuis trois ans, je suis lancée dans un chantier de désintoxication des métaux (de manière clandestine).

Depuis, plusieurs de mes symptômes, parmi plus d’une cinquantaine, commencent enfin à diminuer. C’est très encourageant. Dans mon livre, je détaille tout ce que je mets en œuvre pour aider mon organisme à redémarrer.
Aujourd’hui, je ne sais pas combien de temps il me faudra pour regagner une vie plus normale. Mais je suis enfin en chemin vers un possible mieux être.

Jade Perraud : A la lecture de votre livre, on a le sentiment que malgré toutes les difficultés traversées, cette épreuve vous a fait grandir en humanité. Qu’en pensez-vous ?

Sophie Benarrosh : Une telle épreuve m’a amenée à mieux me connaître, à m’interroger, à me remettre en question, à relativiser… J’essaie de recycler toutes mes souffrances en quelque chose de positif pour moi et pour les autres. A travers mon livre, je veux adresser un message d’espoir aux malades abandonnés, leur offrir des pistes concrètes, un soutien. Et aider les personnes en bonne santé à se prémunir. Plus largement, je veux montrer à tous ceux qui traversent une épreuve que, lorsqu’aucune issue ne semble plus exister, nous avons tous, quelque part en nous, la capacité à rebondir, à vivre autrement.

Mais je ressens aussi l’urgence à stopper des fléaux comme la maladie de Lyme et l’empoisonnement par les métaux, qu’on est capable de maîtriser. Car ils sont impliqués dans de nombreuses maladies chroniques dont on dit encore qu’elles sont de causes inconnues. En cela, mon livre est aussi un cri d’alarme envers les autorités et les décideurs.

Que la maladie qui m’enferme depuis tant d’années serve au moins à cela !

MALADIE DE LYME, EMPOISONNEMENT AUX MÉTAUX LOURDS NON, CE N’EST PAS DANS MA TÊTE… NI DANS LA VÔTRE !
Sophie Benarrosh – Préface du Pr Christian Perronne – Éditions Leduc.s

La vie de Sophie Benarrosh a basculé il y a dix-huit ans. État grippal, douleurs intenses, épuisement, vertiges, concentration difficile… Du jour au lendemain, elle est assaillie de symptômes violents et inexplicables qui laissent perplexes les spécialistes. Commence alors une errance médicale de quatre ans jusqu’au premier diagnostic : le Syndrome de fatigue chronique, maladie neurologique incurable, inexplicable, invisible. Puis un autre diagnostic s’ajoute, celui de la maladie de Lyme.

Armée d’une volonté de fer, elle entreprend ses propres recherches sur le mal qui la ronge. Recoupant de multiples travaux internationaux, elle découvre un lien entre la maladie de Lyme et les ravages des métaux lourds sur l’organisme. Sophie Benarrosh a choisi de témoigner et de livrer avec précision les conclusions de son enquête, dévoilant les solutions et les conseils pratiques grâce auxquels elle commence à cheminer vers la guérison. Un récit qui nous concerne tous, vivant, souvent grave, mais d’un optimisme contagieux.
(256 pages – 18,00 e)

 

Maladie de Lyme : le long combat du professeur Christian Perronne

Maladie de Lyme : le long combat du professeur Christian Perronne
Spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. Il est chef de département à l’hôpital universitaire Raymond-Poincaré de Garches et préside le Conseil scientifique de la Fédération Française contre les Maladies Vectorielles à Tiques. Depuis des années, ce médecin bataille pour que l’existence d’une forme chronique de cette maladie soit reconnue. Pour que les protocoles de diagnostic et de soins soient revus — et notamment ces tests de détection calibrés pour que Lyme reste une maladie rare, dénonce-t-il.

Présence des tiques en France

 

1 – Professeur de maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de Garches.
2 – Communiqué de presse annonçant Plan national d’action contre la maladie de Lyme et les maladies transmises par les tiques : http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/16_09_29_-_cp_-_plan_maladie_de_lyme.pdf
3 – Agenda des formations du Dr Philippe Raymond : http://www.psychostrategy.net/2016/11/dr-philippe-raymond-nouvel-agenda-des-formations-lyme-pour-les-medecins-mis-a-jour.html, par exemple.
4 – Organisé par l’Institut pour la Protection de la Santé naturelle (IPSN), Paris, octobre 2016
5 – http://ffmvt.org/
6 – La Vérité sur la maladie de Lyme, Odile Jacob, janvier 2017
7 – Soignez Lyme et les maladies chroniques inexpliquées, Dr Horowitz, Thierry Souccar Éditions, juin 2014
How Can I Get Better? An Action Plan for Treating Resistant Lyme and Chronic Disease, Editions St Martin’s Press, février 2017

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